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Olga CALDAS

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À MÊME LES ÉLÉMENTS I DANCING WITH ELEMENTS - POÈMES DE ZACK ROGOW

 
 

Zack Rogow, poèmes I Olga CALDAS, photographies


W A T E R

E A R T H

F I R E

A I R

The Ocean, for Example

What does the ocean do
when it creates a failure
of a wave, a mangy little billow
that fizzles onto the shore,
a dud that never goes beyond
muddled ruffles?
What does the ocean do then?

It makes another wave.

And what does the ocean do
when it spins a perfect turquoise
Murano wave,
a liquid aqua cylinder
flawlessly unfurling?

What does the ocean do then?
I think you already know.

Que fait l’océan,
lorsqu’il échoue
qui gargouille jusqu’au rivage
un raté qui s’épuise en glouglous ?
Que fait-il alors l’océan ?

Il fait une autre vague.

Et que fait l’océan lorsqu’il souffle
une vague Murano turquoise parfaite,
un cylindre liquide qui se déroule à merveille ?

Que fait-il alors l’océan ?
Je crois que vous le savez déjà.


Symmetron: You and Brother Will

Shakespeare never got to see
a Monet. Never gazed into liquid mirrors
of the Seine.

Yet he knew how to describe
a sateen shadow.

He could speak beauty
as well as anyone
who has a special ear

for the cool
of a stream or the curves
of a song.

Someone could write a song
about the curves

of your cool
pomegranate lipstick, how a tongue awakens your ear.

Sometimes it feels to this particular anyone
as if your beauty
is part shadow,

part the highest prime number. I need to describe
you, how you make me crazy and sane

as I look into your eye mirrors
that Shakespeare was never lucky enough to see


Symmétron : Toi et Frère Will

Shakespeare n’a jamais pu voir
un Monet. Il n’a jamais contemplé les eaux-miroirs
de la Seine.

Pourtant il
savait décrire
le satin d’une ombre.

Il parlait
beauté
n’importe qui
comme
a l’oreille
attentive qui sait entendre le
frais
d’une rivière ou les
courbes d’une chanson.

Quelqu’un
pourrait écrire une
chanson
sur les
courbes
de ton frais
rouge à lèvre grenat,
comment une langue éveille ton
oreille.

Parfois pour ce n’importe qui
ta beauté
est à la fois ombre
et le plus grand nombre premier. J’ai besoin de te décrire,
dire comment ma tête passe de folle à saine
lorsque je plonge dans tes yeux-miroirs
que Shakespeare n’a jamais eu la chance de voir.

Monet’s Final Bloom: Giverny

Gone the canvases of locomotives
with headlights drilling into the snow,
no more ice floes on the Seine
cracking like a gun battle,
no summer sky so blue it wobbled,
or Paris streets drenched
with holiday flags;

no more beauty in white
shouldering her parasol
at the green crest of the hill
while the sun ached
in the young painter’s head.

Suddenly the sky was just reflection.

His blue leaned toward violet.
Headlights had cooled into pale blooms,
and noontime was thinning to opal.

Willow ropes swept his pond
and the woman in white —
cancer at 32.

Even the one Monet had
cheated her for, his own friend’s wife—
she was gone. The children all tall and gone.

Then the decades
of peering deeper and deeper
into the water garden,
past lily pads teased up
by the wind, the painter squinting
to glimpse a sequin of his destination.

The old man in his sun hat
and long beard of shredded light
kept his easel company
by the moon bridge
as he surveyed his garden.

He called it his true masterpiece.
Before he could die he had to learn
this strange flower
that dwelled in liquid
but rooted down into its home.

L’ultime printemps de Monet : Giverny

Finies les toiles où les phares
des locomotives percent la neige,
où les plaques de glace sur la Seine
craquent comme une fusillade,
plus de ce ciel d’été si bleu qu’il en tremble
ou ces rues de Paris noyées de drapeaux,
plus de beauté en blanc
sous l’ombrelle sur la crête verte de la colline
tandis que le soleil résonne douloureusement
dans la tête du jeune peintre.

Soudain le ciel n’était plus qu’un reflet,
son bleu vira au violet.

Les phares s’étaient adoucis en fleurs blêmes,
midi se dissolvait jusqu’à l’opale.

Les cordes des saules balayaient son étang,
et la femme en blanc— cancer à 32 ans.

Même celle avec qui Monet l’avait
trompée, la femme de son propre ami,
elle était partie.

Les enfants tous grands, partis.

Puis ces dizaines d’années
à s’absorber toujours plus
dans l’eau du jardin
au-delà des feuilles de nymphéas taquinées
par le vent, l’oeil à demi-clos du peintre,
cherchant à entrevoir un éclat de son destin.

Le vieillard sous son chapeau de paille,
à la longue barbe de lumière déchirée,
tenait compagnie à son chevalet près du pont japonais
en embrassant du regard son jardin.

Il l’appelait son vrai chef d’œuvre.

Avant de mourir, il lui fallait encore apprendre
cette fleur étrange
qui vivait dans l’eau
mais s’enracinait dans sa maison.

Symmetron: Sandcastles

We knew the ocean
always won, our dribble castles on the beach
squibbling up and up like a Gaudí cathedral
cracked apart at sunset,
the sand escarpments rolled over
by a carpet of water,
and our elaborate map
of moats and seagull-feather flags
crashed before the tide.

But it was a game we played with the tide,
loving how the waves kidnapped our flags
and streamed them off to a map
of sparkles, seeing how long the water
waited till it flashed over
the chateaus we’d patted by the crown of sunset,
all of our cathedrals
eased to bumps on the beach,
the words our heels had etched erased gently by ocean

Symmétron : châteaux de sable

Nous savions que la mer
gagnait toujours, nos châteaux baveux sur la plage
s’élançant tortillés comme une cathédrale
de Gaudì se fissuraient au couchant
leurs remparts de sable jetés bas
par un tapis d’eau
et notre savant dessin
de douves et de plumes de mouettes-drapeaux
cédait devant la marée.

Mais ce jeu, nous le jouions avec la marée,
nous aimions comme les vagues s’emparaient de nos drapeaux
pour les emporter vers un dessin
de myriades d’éclats, nous observions la patience de l’eau
à l’affût, puis comme elle jetait bas
les châteaux que nos paumes avaient modelés sous l’égide du couchant
toutes nos cathédrales
réduites à des bosses sur la plage,
les mots que nos talons avaient gravés, doucement effacés par la mer.

(…)

 
 

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