« La première chose qui me vient à l'esprit en regardant les photos d’Olga Caldas, c'est la magnifique lumière qui en émerge. Cela rayonne et emporte tout dans l'allégresse d'une métamorphose, de métamorphoses, rayonnantes. La vie de ses fleurs subjugue…»
Roger Pierre Turine, critique d’art La Libre Belgique. Arts Libres, Bruxelles, nov. 2023.
Accueillir l’invisiblfe
Marc, historien de l’art
“Chaque photographie d’Olga Caldas opère une forme d’apparition, participe d’une surprise, d’un étonnement, d’une suspension du temps, d’un déplacement des sens et des perceptions.”
“ Dans cet espace autre, le « jardin des sentiers qui bifurquent », labyrinthique et hypnotique, le spectateur doit se perdre, accepter le jeu proposé où tous les sens sont convoqués et où les parfums et les sons correspondent. La sensualité, la tactilité, les textures qui sont transcrites dans ces images sont singulières. Ces photographies sont autant de miroirs des eaux, de voies de passages vers l’invisible comme dans L’Orphée de Jean Cocteau et chez Lewis Carroll. En s’approchant d’elles, on s’attend à ce qu’un contact s’établisse …”
Fleurs en voyage,
Martine Lecoq, écrivaine et critique d'art
(…) Si les images montrées ici recèlent un message, c’est moins celui d’une fable écologique banale qui incite chacun de nous à devenir l’ami conscient de son environnement, qu’une invitation subconsciente. Invitation à ne pas demeurer un calice fermé, à ne pas garder pour soi son propre parfum.
La beauté sauvera le monde
Laurent Quénéhén
Critique d’art et commissaire d’expositions
“Olga Caldas s’intéresse à la beauté du monde. Une fleur, le profil d’un visage, les courbes d’un corps qui se dépose dans l’eau claire. (…) À l’origine de la photographie et du cinéma, des silhouettes se détachaient d’un écrin sombre, comme émergeant du néant, fantomatiques. C’est un peu ce que l’on retrouve dans les images d’Olga Caldas, cette magie de l’image liée aux contrastes, à la lumière et au clair-obscur.”
“Le jardin aux sentiers qui bifurquent. d’Olga Caldas”
C’est à une déambulation onirique que nous convie la série Le Jardin aux sentiers qui bifurquent, une promenade dans un jardin-labyrinthe, propice aux rencontres insolites et aux rêveries. Portés par le vent de l’imaginaire, de l’enchantement et de la réminiscence, au gré des chemins, nous nous accordons avec les présences végétales et florales, ainsi qu’avec les corps de chair et de pierre qui semblent prendre vie sous nos pas. Les végétaux habillent somptueusement les corps de pierre – de soie, de velours, de gaze, de couleurs, d’or et d’argent – qui, sortis de leur torpeur, s’animent, donnant naissance à un étonnant ballet. Cette danse opère une métamorphose mystérieuse du visible, une efflorescence silencieuse et odorante où parfums, couleurs et sons se répondent. Capter l’influence muette de ces correspondances, les interactions subtiles, les permanences de l’éphémère, et les mutations des habitants du jardin en de nouvelles formes : tel est mon dessein de promeneuse et d’éternelle rêveuse !
Au-delà de la beauté, le pouvoir de l’imaginaire.
C’est une vision labyrinthique, faite de rencontres avec des présences singulières, à la fois réelles et fictives, ouvrant sur un monde imaginaire. La nature est abordée comme un espace à explorer, un territoire extra- ordinaire, au sens premier, fait d’émerveillement, de curiosité, d’où peut surgir une certaine étrangeté, un monde presque surréel. Et, prendre conscience que nous faisons partie intégrante de ce paysage. La nature n’est pas un décor, c’est la maison de l’homme. écrivait Victor Hugo, dans Les Contemplations, « L'Âme et la Fleur ».
Un récit qui remet le corps, notre véhicule de l’être-au-monde (2) au centre de notre espace intime. Le corps, point zéro du monde, là où les chemins et les espaces se croisent (...) ce noyau utopique à partir duquel je rêve, je parle, j’avance, j’imagine, je perçois les choses à leur juste place et je les nie aussi par le pouvoir indéfini des utopies que j’imagine.(3) Un corps aujourd’hui malmené, exploité, enfermé, cadenassé, méprisé, privé de sa liberté la plus élémentaire, de sa souveraineté primordiale.
Il ne s’agit pas seulement de montrer la beauté de la nature et des corps, mais de nous inviter à les repenser dans leur singularité, à les considérer comme essentiels et dignes du plus grand respect.
Un récit qui interroge notre lien au monde, à la nature, à l’autre, aux autres, nos pareils dissemblables ; qui prend en considération le pouvoir de l’imaginaire pour nous aider à dépasser nos représentations limitantes et destructrices. Pour un monde plus vivable pour chacun. Envisager la possibilité d’une coexistence plus harmonieuse, plus respectueuse. Une utopie nécessaire !
Olga Caldas, janvier 2025
1.Titre de la nouvelle éponyme de Jorge Luis Borges
2. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
3. Michel Foucault, Le corps Utopique